Vanitas & Monuments

par Ghyslain Bertholon  -  26 Juin 2011, 09:02  -  #actualité artistique

vanitas détail bois

 

Vanitas

Mouches et cerf naturalisés

Œuvre work in progress / Dim.12X5m

ghyslain bertholon 2007-2011

 

 

"Depuis 2003, date de création de ses premières Poézies, Ghyslain Bertholon use régulièrement de la rhétorique animale pour interpréter travers et paradoxes générés par le comportement de ses contemporains. Quelles soient nettement politiques (comme Vanitas, qui naît durant les prémisses la campagne présidentielle française de 2007) ou plus directement liées à des données sociologiques (You're welcome), historiques (La Grande Mouette) ou environnementales (Trochés présentés de face), les Poézies de Bertholon témoignent des prises de position de l’artiste dans un monde en profonde mutation.

 

A travers ses oeuvres les plus récentes l’artiste met en lumière l'intenable position du plus clairvoyant des animaux rendus aveugles. Cette bête humaine qui s'est affranchie des lois de la nature pour présider à sa propre destinée au détriment du bon sens. Capable de couper la branche sur laquelle elle s'est installée avec la confiance aveugle de l'insouciance, convaincue d'apprendre à voler avant de toucher le sol.

 

Vanitas met en scène un cerf et des mouches, dans une majestueuse scène d’agonie. Un roi à genoux, proie rendue contorsionniste par la démesure de son ramage, que de minuscules insectes dévorent d’un appétit revanchard. Si la posture de la bête peut fait référence à certaines tapisseries du 16ème siècle  où à l’Hallali du cerf de Gustave Courbet (1867), la vanité est contemporaine et l’allégorie éternelle.

 

Œuvre en constante mutation Vanitas change d’aspect à chaque monstration : les bois d’or, inscrustés de minuscules crânes, poussent et s’allongent au fil des expositions. Pour Monuments & Animaux dans la salle d’apparat du Château de Châteaudun, apparaît pour la première fois l’embryon d’une fôret singulière.

 

Miroir déformant révélant des visages de l’humanité, la figure animale, telle que mise en scène dans les œuvres de Ghyslain Bertholon, nous pousse à observer sous un angle différent les rapports que nous entretenons avec les autres, la nature, nous-même. L’homme comme point de départ et finalité d’une œuvre reliée à la vie par chacune de ses éruptions artistiques."

 

J.T. 2011