Chroniques de Nanjing (5)

par Ghyslain Bertholon  -  11 Décembre 2011, 05:21  -  #actualité artistique

 

Jeudi 1er décembre 2011

 

Cliché

Aujourd'hui, je refuse poliment le râgout de chien que l'on me propose.

 

 

Premier week-end de décembre


encadreur NET

Dans l'atelier de notre encadreur (dreuse !) / Nanjing 2011

 

Lundi 5 décembre

Depuis que je suis là,

 

Ce que j'entends tous les jours,

Des pétards qui éclatent dans la ville,

les klaxons qui résonnent dans la rue,

les hello d'inconnus qui me saluent.

 

Ce que je sents tous les jours,

Des senteurs subtiles et complexes de cuisine chinoise

et l'odeur écoeurante du toffu qui grille dans la rue.

 

Ce que je mange (presque) tous les jours,

Des ignames cuites au four et des nouilles

 

Ce que je touche tous les jours,

l'espoir de revenir vite !

 

 

Mardi 6 décembre 2011

 

fleuve

 

 

Tous les matins, avant de rejoindre mon atelier au Nanjing Art Institute, je traverse la rue qui longe mon hôtel et cours sur les quais du fleuveYangtze. J'atteins rapidement un endroit calme repéré la première semaine. Rare sont les promeneurs qui empruntent ce chemin tout au bord de l'eau. Je fais là mon Tai-Chi avant de retourner petit déjeuner dans ma chambre.

Je me fais petit, le plus discret possible. Je me sents presque illégitime, moi l'occidental qui rapporte dans ses valises des mouvements nés ici, il y a des milliers d'années.

Ce matin, sur le chemin du retour, je tombe sur deux grands mères à l'entraînement. La première, vêtue de soie noir, mène la danse, la seconde drapée de coton violet suit le mouvement. Les gestes de la première sont fluides et précis. Simplement beaux. Elle corrige avec douceur les imperceptibles défauts de position de son élève.

J'apprécie l'instant et me sents durant quelques minutes un peu privilégié.

 

 

Mercredi 7 décembre 2011

 

Ce matin, le fleuve à disparu !

Le niveau a baissé d'environ trois mètres. Seul le chenal de navigation reste en eau. Mises à nues, les berges sont laissées à la vase. Une odeur de marée flotte sur le quai.

Je me fais l'impression d'un voyeur qui assiste à la toilette d'une dame sans y être invité. J'écourte ma séance de Tai-Chi et rentre en courant avaler mon cawa.

 

fleuve vide

 

 

Jeudi 8 décembre 2011

 

Fin du workshop

Les étudiants s'affairent, finalisent leur production. La salle est vidée puis nettoyée. Les résultats formels de notre atelier dépassent mes attentes et je suis très fiers de mes élèves ! Le soir du vendredi, tout sera prêt pour la présentation officielle du workshop.

 

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