Jardins de rues II

par Ghyslain Bertholon  -  13 Juin 2006, 21:49  -  #textes de Ghyslain Bertholon

«You’re welcome»

 Par qui et pour qui sont pensées les villes occidentales ? Quelle place accorde-t-on aux enfants qui grandissent au cœur de nos métropoles européennes ?

Un récent rapport réalisée par le sociologue François de Singly (à la demande du Ministère de la Ville et du Logement), menée auprès d’enfants et de préadolescents de Paris, Strasbourg, Berlin et Fribourg montre que la ville est perçue comme un univers dangereux.

«Une des caractéristiques des Français, dit-il, c’est qu’ils ont une conception plus frileuse de la ville, ils sont plus craintifs, perçoivent l’espace urbain comme dangereux, si bien que leurs enfants sortent moins de leur quartier : beaucoup de petits Parisiens n’ont jamais traversé leur ville seuls, au mieux prennent le métro sur deux stations. Ce qui n’est pas le cas à Berlin par exemple. »

Or, la ville se doit d’être un lieu d’apprentissage, un lieu de rencontre et d’échanges pour ces citadins de demain.

Quand on interroge les enfants, comme l’a fait François de Singly, c’est d’ailleurs ce qu’ils réclament : des petits bouts de squares où se retrouver, des places avec des bancs où goûter, des lieux où jouer, faire du roller ou, pour les plus grands, écouter de la musique, des recoins où se donner rendez-vous au retour de l’école, des petits «morceaux de ville» qu’ils pourraient tout simplement s’approprier.

Par ailleurs, dans une société où le respect de la propriété privée se pose en principe de base, les lieux publics, situés au cœur des villes, occupent une place singulière. Ces espaces, offerts à tous, ont un rôle primordial à jouer en terme de mixité sociale et culturelle. Ils sont, ou devraient-être, des lieux privilégiés de rencontres et d’échanges. Des lieux pour s’extraire du flux incessant de la ville en mouvement. Des lieux où l’on s’arrête pour souffler, discuter, contempler, rire, réfléchir et méditer.

You’re Welcome  se joue de ces paradoxes et propose…

un espace public devenu propriété privée ;

un espace privé de ses usages ;

des usages à réinventer.

Les autres développent en nous surtout le mauvais instinct de la propriété ; il suffit d’être un instant chez eux pour vouloir aussitôt être chez soi. (Jules Renard)

You're welcome / Festival des jardins de rues de la Ville de Lyon

Ghyslain Bertholon 2006

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BW 08/04/2007 09:29

Salut
On dirait des pièges pour les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics, posés par une association de passants honnetes...