Pots de taupes, pas de pot, un bol pas possible

par Ghyslain Bertholon  -  4 Mai 2006, 07:35  -  #les oeuvres en images

Pots de taupes, pas de pot, un bol pas possible / terre, terre cuite, herbe et bronze (installation présentée lors de l'exposition : Diachromes et Poézies à Saint-Etienne en Juin 2005 dans le cadre des Transurbaines (Biennale de la Ville).

Commissaire d'exposition : François Barré / Directeur artistique des Transurbaines : Jean-François Millier / Partenaires de l'exposition : La Serre ; Ecoles des Beaux-Arts de Saint-Etienne ; Ville de Saint-Etienne ; Biennale de La Ville / Exposition réalisée avec le soutien du Laboratoire d'art impliqué, Nanouk Film, Atelier d'art verrier Malvolti, Alain Quairel Encadreur.

 

On a écrit à propos de cette expo :

Ghyslain Bertholon (ancien étudiant de l’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne) s’est fait remarquer en proposant sa vision poétique de la Ville de Saint-Etienne dans une exposition qui fera date. C’était en juin 2005 dans le cadre des Transurbaines.

Invité par François Barré (au même titre que Felice Varini ou Joël Hubaut) à proposer une traduction plastique des sentiments que lui inspirait cette ville, l’artiste a imaginé une exposition qu’il a intitulé Diachromes & Poésies.

Son travail sur la maîtrise des flux d’images (qui donne naissance aux Diachromes et aux Synchromes) pourrait faire l’objet de tout un livre tant son approche du sujet est réfléchie et méticuleuse. Maladive diront certains, quasi scientique répondront les autres.

Mais cette exposition proposait un autre spectacle. Celui de deux gigantesques taupes émergeant de terre au sommet des crassiers situés en périphérie immédiate du centre-ville.

Reprise dans l’ensemble de la presse nationale (Télérama, L’Humanité, La Croix, Libération…), ce photomontage (qui ne prend même pas la peine de la perfection technique) s’est imposé, le temps de la manifestation, comme symbole de l’ancienne cité noire.

A elle seule, cette image cristalise toutes les passions en réalisant la parfaite synthèse entre passé minier et perspectives d’avenir d’une ville aujourd’hui en pleine mutation.

Une seule image pour évoquer à la fois le travail des gueules noires et les milliers d’heures passées dans le ventre de la terre, pour dire les kilomètres de galeries creusées, la fierté de ses origines,  l’acceptation de ce passé comme constitutif de son histoire et l’ouverture à demain.

Rien que ça.

Une seule image pour résumer ce que la soi-disant sagesse populaire chinoise a mis des siècles a formuler : il n’est pas de grands arbres sans racines profondes.

Ni de grands artistes sans grands rêves."

 

M. F