
TAUPOLOGIE
Projet pour crassiers (ici crassier stéphanois)
Ghyslain Bertholon 2005-20XX
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"L’impulsion première, ayant permis la naissance de cette œuvre, est à chercher dans la lecture d’un
article du Monde Diplomatique décrivant le système carcéral français, des conditions de détention aux problèmes d'hygiène et de santé attenants.
Une réflexion est née chez l’artiste sur la notion d’enfermement puis, par ricochet, sur les parts de nature que nous, animaux urbains, étions susceptibles d’enfermer en terme de réappropriation.
Les griffures et lacérations gravées dans l'émail des pots témoignent de l'insoutenable violence infligée
à celui que l'on prive de liberté et nous ramène aux temps les plus sombres de l'histoire des hommes.
C'est sans se
départir d'une forme d'humour cinglant et en s'appuyant sur un toujours implacable rendu formel que l'artiste aborde ses questions lourdes de sens et chargées d'émotions." E.M. 2008

Ci-dessus : Pots de Taupes / Recherches pour L'Abbaye de Maubuisson / Ghyslain Bertholon
2009
GHYSLAIN BERTHOLON, SONGES ET TOURMENTS D'ALICE ET PETER.
Jeune loup au repos / Ghyslain Bertholon 2003
Avec Ghyslain Bertolon le loup est l'agneau et réciproquement, comme Jekyll est devenu indissociable de Mr Hyde. Posé sur ce concentré d'antagonismes, le regard est partagé entre la douceur de l'un et la cruauté de l'autre. L'inquiétante figure du loup transparaît sous les apparences de l'agneau comme une mutation contre nature arrêtée en cours de métamorphose. Le loup, qui généralement est tapi dans l'ombre des chambres d'enfants, sous leurs lits ou au fond des couloirs obscurs, se dissimule même dans le corps d'un agnelet, prêt à provoquer une frayeur irrationnelle. A qui donc se fier dans ces conditions ?
Figures de rhétorique et jeux de mots concrétisés par des manipulations visuelles, chez l'artiste le langage est aussi une matière traitée au même titre que les matériaux et les références artistiques mis en œuvre. Le trophée de chasse par une contrepèterie visuelle et verbale devient un "Troché, (présenté de face)" et l'animal victorieusement abattu présente à son assassin un irrespectueux arrière-train. S'agit d'un acte insolent ou du lapin d'Alice qui, du coup, a le pouvoir de passer à travers le mur pour nous entraîner au-delà du réel ?
Troché (présenté de face), lièvre / Ghyslain Bertholon 2007
"Nous sommes faits de la même étoffe que nos rêves", fait dire William Shakespeare à Prospero, l'un des personnages de La Tempête. Jeune père, Ghyslain Bertholon est troublé lorsque son fils surgit dans une pièce revêtu de sa propre panoplie de Zorro, dégottée chez ses parents dans sa chambre d'enfant. Saisi par l'émotion, l'artiste s'interroge soudain : "Que sommes-nous devenus ?", entre l'étoffe et nos rêves quel espace reste-t-il donc pour nos corps devenus trop vite adultes ? "Tous les enfants sauf un, grandissent, ils savent très tôt qu'ils grandiront", l'artiste semble bien avoir refoulé la première phrase du récit de Peter Pan et l'idée lui vient donc de demander à des personnes de sa génération de tester un instant la persistance des désirs infantiles lorsqu'ils retrouveront les déguisements d'une prime jeunesse révolue. Si les coutures des habits cèdent sous la pression des carcasses matures, est-ce ce corps qui a trop poussé ou bien l'ambition d'être un héros qui aura rétrécit ?
Que sommes-nous devenus ? / Ghyslain Bertholon 2006
L'opération n'est pas sans risque, le ridicule peut tuer et la démonstration échouer, mais la mise en scène soignée confère à la personne de cette galerie de portraits une dignité remarquable. Ils retrouvent la magie du costume qui métamorphose instantanément celui qui le porte en Fée Clochette, Davy Crockett ou Superman et rebroussent le chemin vers les rêves des enfants qu'ils furent. Nous assistons à la dissolution de la personne dans son personnage, une réincarnation en sorte où la mélancolie toutefois affleure sur ces visages, comme une ultime résistance de la lucidité de l'adulte face à son destin. Avec ses portraits photographiques, lieux d'excellence de friction entre le réel et nos imaginaires, Ghyslain Bertholon est bien l'artiste idéal pour nous amener à réfléchir sur l'endurance des songes à l'épreuve du temps et à leur transmission des générations aux autres.
Jacques PY, 24 octobre 2007
Bonjour Barack,
Bonjour à tous,
Je suis né quand il est mort...
Dans son célèbre autoportrait à la fourrure daté de 1500, Albrecht Dürer nous fait face ; fixant le spectateur de façon troublante, figé dans une position christique. Accrochée au col en fourrure, sa main droite rappelle celle d'un Christ pantocrator, un Christ en gloire.
L'inscription peinte à gauche rappelle qu'il «s'est peint ici lui même avec des couleurs durables en l'an 1500» ; autant dire avec la conscience de de son talent et la ferme intention de traverser le temps.
Mon autoportrait s'inscrit, lui aussi, dans son époque et s'efface avec les années : simple impression inkjet, l'image devrait en effet s'effacer en une quarantaine d'années.
J'ai choisi de produire un autoportrait qui évolue dans le temps, vieillit avec moi. Produite en 2005, l'image a déjà subit les outrages du temps.
Ses couleurs vont s'estomper doucement avec les années, jusqu'à disparaître...
Bien à vous.
Ghyslain Bertholon
Je suis né quand il est mort (d'après l'autoportrait au col de fourrure de Albrecht Dürer)
Impression inkjet sous verre encadrée / 90X70cm
Ghyslain Bertholon 2005
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