Mon troché (présenté de face), vache sera exposé au 104 à Paris à la rentrée. J'aurais naturellement
l'occasion de vous en reparler.
Les images de ce travail sont également à retrouver dans le catalogue de La dégelée Rabelais édité par Le FRAC Languedoc-Roussillon.
Bien à vous.
Ghyslain Bertholon
Troché (présenté de
face), vache
vache et mouche naturalisées
Ghyslain Bertholon 2008
NB : Tous mes Tochés (présentés de face) figurent sur cette même page dans le dossier images du même
nom.
100 corbeaux blancs, immobiles et silencieux, s’installent en ronde autour de l’un des bassins du parc du Château
de Castries, prêts à entrer dans la danse…
Reprise d’une œuvre intitulée Avant la tempête présentée en 2008 dans le cloître de la Chartreuse de
Mélan (Pôle départemental d'art contemporain à Taninges-74), cette pièce explore cet espace temps où tout est immobile avant de se transformer. On pense d’abord aux corbeaux du
célèbre film d’Hitchcock (Les oiseaux) où la tension maximale se situe lorsque les oiseaux sont figés et muets.
Pour le Bal des Immortels, l’artiste entre en écho avec l’histoire même du site ; ces
Immortels pouvant être les membres de l’Académie Française, propriétaire du Château de Castries : depuis le XVIIème siècle, se succèdent les hommes en habit vert qui font
vivre, à travers les siècles, l’Institution fondée par Richelieu.
Cent braillards comme autant de gardiens silencieux. Cent corbeaux, comme l’égrenage des siècles.Cent corbeaux
dont un seul noir ; marquant la différence, il incarne la marge et la perturbation au sein de ce qui pourrait être un ordre par trop cousu de fil…blanc.
C'est dans le jardin de Monsieur Lenain que ma Deupatosaurus a été installée dans le cadre du parcours
Jardins publics / jardins privés organisé par Aldébaran.
Je profite de l'article pour remercier Valérie et Odile ainsi que tous ceux qui les entourent afin de rendre
possible un tel événement. Bravo et merci à vous !
Jardins publics / jardins privés 2009
Aldébaran création contemporaine
Exposition à Castries du 26 au 28 juin 2009
Fossile d’anticipation échoué dans un jardin de Castries, la Deupatosaurus, présentée par Ghyslain
Bertholon fait état de notre rapport à la nature. Une nature dédiée aux seuls besoins de l’humanité comme le montre ces squelettes automobiles baptisés de pseudos noms latins que l’artiste exhibe
au cœur de nos villes congestionnées ; aberrations de l’évolution technologique vouées à une inexorable disparition.
Miroir déformant révélant des visages de l’humanité, la figure animale, telle que mise en scène dans les œuvres de
Ghyslain Bertholon, nous pousse à observer, sous un angle différent, les rapports que nous entretenons avec les autres, la nature, nous-même.
L’homme comme point de départ et finalité d’une œuvre reliée à la vie par chacune de ses éruptions
artistiques.
L’impulsion première, ayant permis la naissance de cette œuvre, est à chercher dans la lecture d’un article
du Monde Diplomatique décrivant le système carcéral français.Une réflexion est née chez l’artiste sur la notion d’enfermement puis sur les parts de nature que nous,
animaux urbains, étions susceptibles d’enfermer en terme de réappropriation.
Les pots de taupes établissent un dialogue entre nature et culture en opposant l’archétype jardinier de
la nature apprivoisée (le pot de fleur) et le farouche animal noctambule qui peuple nos sous-sols : l’insaisissable et inapprivoisable taupe.
L’installation Pots de taupes, pas de pots, un bol pas possible est à lire en deux chapitres : le
premier s’inscrivant dans la cour d’honneur du Château de Castries, le second dans l’une des salles d’exposition de l’association Aldébaran.
Pots de taupes à Castries Installation en 2 volets : Pots de taupes, pas de pot, un bol pas possible G. Bertholon 2009
Image ci-dessous : montage des 12 pots de taupes de la cour d'honneur avec mes merveilleux assistants :
Betka, Romain et l'irremplaçable Vivien (je ne montre ici que les images habillées afin de ne pas heutrer l
a sensibilité du jeune public ! Bise à vous trois et encore merci ! )
je participe à la nouvelle édition de Jardins publics/Jardins privés organisée à Castries par Aldébaran création contemporaine.
J'exposerai dans la cour d'honneur et le jardin du Château de Castries. J'y présenterai l'installation Le bal des Immortels ainsi que 12 nouveaux Pots de Taupes.
Je présenterai également ma Deuopatosaurus dans le jardin privé de Monsieur Lenain et l'installation Pot de taupes, pas de pots, un bol pas possible dans le lieu
d'exposition d'Aldébaran (2 cours complémentaire à Castries).
Vernissage à Castries (34160 / prox. de Montpellier) VENDREDI 26 JUIN 2009 à partir de 18h.
Au plaisir de vous y croiser...
Bien à vous. Ghyslain Bertholon
Plus d'infos au 04 67 45 49 34 ou sur le site Aldébaran
Voici trois détails de mon dernier Face à Face ; le film est celui de Majid Majidi, The color of
paradise (1999), le comédien suivi estMohsen Ramezani.
Le protocole qui guide la réalisation de ces dessins reste le même : je note tous les déplacements à l'écran du
comédien principal en pointant mon fusain sur son oeil droit. Le dessin obtenu est une image de la présence de l'acteur dans le temps et l'espace du film (de son entrée en scène jusqu'au dernier
plan où il apparait), la danse de ses déplacements sur l'écran.Certaines expressions clefs sont
également figées sur le papier.
Mohsen Ramezani, le comédien qui joue Mohammad, étant un enfant aveugle, ma démarche prend ici un sens nouveau.
Ma plongée dans les yeux du comédien, une couleur singulière...
Face à Face avecMohsen Ramezani (détail)
The color of paradise de Majid Majidi (1999)
fusain sur papier ; dim. 90X117cm
G. Bertholon juin 2009
L'hisoire en quelques lignes :
Nous sommes en Iran. Mohammad a huit ans, il est pensionnaire d'un centre pour enfants aveugles. Il y apprend à
lire et à écrire en brail au milieu de ses petits camarades. Le film débute avec l'arrivée des grandes vacances et la fermeture temporaire du centre durant ces mois d'été. Les parents sont
invités à venir chercher leurs enfants ; seul le père du petit Mohammad est en retard, détail révélateur de la relation qui unit le père à son fils... Un père harassé, embourbé dans une vie de
labeur qui se croit poursuivit par le mauvais oeil et envisage cet enfant handicapé comme un fardeau. Un fils sensible et brillant qui cherche l'amour et la reconnaissance de son père.
Face à Face avecMohsen Ramezani (détail)
The color of paradise de Majid Majidi (1999)
fusain sur papier ; dim. 90X117cm
G. Bertholon juin 2009
Le film est émaillé de symboles qui résonnent en écho au fil des scènes (la présence de l'eau, des oiseaux, la barette à cheveux offerte par l'enfant à sa grand-mère ou les étranges cris entendus
par un père déchiré entre amour et rejet) et offrent une belle profondeur aux propos.
Si les personnages interprétésparMohsen Ramezani (Mohammad) etHossein Mahjoub (le père)sont rendus avec force et une implaquable
justesse*, il faut également souligner le très beau travail deSalameh Feyzi en grand-mère
douce et travailleuse, aimante et voilée de mysticisme.
* avec notamment une scène d'une incroyable vérité etr tension dramatique de l'enfant qui se confie à un charpentier aveugle lui aussi ; scène qui devrait être projettée aux
apprentis acteurs dans toutes les écoles de comédie.
Un film à (re)découvrir...
Face à Face avecMohsen Ramezani (détail)
The color of paradise de Majid Majidi (1999)
fusain sur papier ; dim. 90X117cm
G. Bertholon juin 2009
J'ai dessiné, dès 2006, un premier croquis préparatoire pour le projet Fountain of Love (to Mister
Jean-Honoré Fragonard).Voici les derniers développements autour de cette
oeuvre...
Fountain of Love (to Mister Jean-Honoré Fragonard). Croquis préparatoire - Projet pour l'espace public Ghyslain Bertholon 2006
Ce projet s’inscrit dans le continuum de mes préoccupations artistiques et dans une certaine Histoire de l’Art, allant de la sculpture baroque du XVIIème siècle, avec ses effets dramatiques et
son exubérance, aux fontaines à vasques de la Renaissance en passant par la peinture du XVIIIème (Fontaine de l’amour / Jean-Honoré Fragonard) et les fontaines à bassins des places de
nos villages.
Fountain of Love se joue des matériaux dits nobles, traditionnellement utilisés en sculpture (le
marbre et le bronze), pour en proposer une lecture résolument contemporaine. Les poses langoureuses ou implorantes des amants éperdus sont ici remplacées par l’organe siège des sentiments
amoureux : le cœur. Placé au centre du bassin d’une fontaine, rendu à la vie par l’eau, qui s’en écoule, le coeur rejoue, de façon
alégorique, le cycle immuable des sentiments et de l’amour.
Fountain of Love synthétise à la fois la fragilité des sentiments exprimés (l’organe «cœur»
offert à la vue de tous dans sa plus grande vulnérabilité) et le caractère universel et imtemporel de l’amour (utilisation de matériaux tradionnels destinés à traverser le temps).
L'oeuvre se propose de remplacer les amoureux transits, nymphes et autres cupidons qui ornent bien souvent nos fontaines par un simple cœur posé dans une coupelle.
Ma fontaine de l’amour symbolise la permanence du sentiment amoureux. Son caractère éphémère aussi car si l’amour reste, à travers les siècles, un inépuisable thème d’inspiration, il est toujours
neuf et fragile aux yeux de ceux qui le découvrent ou le revivent.
En apportant son précieux liquide, l’objet fontaine prend tout son sens : ne dit-on pas vivre d’amour et d’eau fraîche...
L’eau et son cycle soulignent aussi le caractère immuable et universel de l’amour, sujet de toujours.
Ci-dessous : Fountain of Love (to Mister Jean-Honoré Fragonard). Ghyslain Bertholon 2009